De 1225 à la fin du XVIe siècle, Colombier fut une seigneurie. Trois familles nobles se partageaient primitivement la partie occidentale du pays: les familles de Colombier, de Vaumarcus et de Gorgier. Les Colombier furent, avec les seigneurs d'Estavayer, les avoués du prieuré de Bevaix.
Cette famille acquit à la fin du XVe siècle une haute position dans le comté. Antoine de Colombier fut en effet nommé gouverneur de l'Etat en 1476; homme prudent, il sut par ses conseils retenir le sire de Valangin et les Bernois qui voulaient, après la défaite de Charles le Téméraire, tenter une invasion de la Franche-Comté. Avec Antoine prit fin la lignée des seigneurs de ce nom. La seigneurie, alors fort importante, qui comprenait le fief de Savagnier, la terre de Cormondrèche, les territoires d'Areuse, de Brot, de Fretereules et une partie de Champ-du-Moulin, passa par alliance à la famille de Chauvirey, d'origine franc-comtoise.
Philibert de Chauvirey eut deux filles; l'aînée, Rose, épousa Jean-Jacques de Watteville, le futur avoyer de Berne, et la cadette, Isabelle, son frère Reinhard. C'est ainsi qu'une famille bernoise devint propriétaire de Colombier.
Les trois fils de Jean-Jacques de Watteville, Girard, Jacques et Nicolas, devenus coseigneurs de Colombier après la mort de leur père, résolurent de vendre leur fief; Berne allait en faire l'acquisition, lorsque Marie de Bourbon, tutrice de son fils mineur, Léonor d'Orléans, intervint et acheta en 1564 la seigneurie pour la somme considérable de 60'000 écus d'or (environ 522.500 francs or d'avant 1914).