Colombier, vue du lac et des alpes
 
 
 
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Exposition Francine Simon
23.06.2012 - 05.08.2012 / Colombier
14h30 à 18h00

Francine Simonin vit et travaille au Québec depuis 1968. Elle trouve dans le Québec du début des années 1970 cette énergie vitale d’un peuple en découverte de lui-même. Pour cette femme d’une trentaine d’années que son origine suisse avait habituée à la rigueur, à la discipline sans compromis et à la lourdeur des institutions, ce Québec juvénile ouvrait une porte sur un univers jusque là inconnu, follement stimulant, complètement grisant.

Si comme nous le confie l’artiste, le Québec l’a mise au monde, elle avait tout de même gardé les acquis de la première naissance; pas question de couper tous les liens avec l’Europe. Elle séjournera en Europe plusieurs mois par année, aujourd’hui encore.

Francine Simonin est une artiste qui vit ses paradoxes, sans contradiction, en laissant vivre ses deux visions et en assumant  le rôle de modératrice dans ses débats intérieurs: cette réalité de son enfance et en conséquence de son éducation très « suisse ». Cette rigueur, cette totale observance des convenances n’a pas

été anéantie à son arrivée au Québec, mais il s’y est greffé un besoin de liberté, une impérative faim de spontanéité. Ces réalités ne s’anéantissent pas chez elle, elles cohabitent et se nourrissent. Elle est l’une et l’autre.

Francine Simonin a une approche Zen face aux outils, comme ses pinceaux orientaux. Approche où l’outil devient le catalyseur des énergies qui, même par répétition continue d’un geste, n’en donneront pas moins toujours un trait différent. Seule la patience, la persévérance du geste dans la présence, arrivera à contenir cette portion d’éternité. E t pourtant comme individu Francine Simonin n’est pas contemplative, méditative, du moins elle s’identifie mal à ces qualificatifs. Cette artiste qui se définit elle-même comme « sang chaud », doit pour peindre, ressentir «l’urgence» laisser monter en elle cette sensation de trop plein, ce rapport ambigu du vide et du plein, du silence et du cri.

L’exaltation, l’ivresse, la jubilation (comme elle aime définir le sens de son œuvre), l’acte « jubilatoire » sont des termes qui nous aident à saisir cette énergie particulière qui hante les œuvres de Simonin, mais ce qui les rend vraiment singulières c’est surtout le fait que cette explosion, cette exaltation sont en fait contenues, balisées. Au premier abord le spectateur peut avoir l’impression d’être en contact avec une œuvre d’art brut ou expressionniste, puisque l’on sent nettement la tension, la fébrilité du geste. Puis avec  un peu de temps on s’aperçoit que le geste qui tantôt nous paraissait exalté, éclaté, est  en fait contenu, dirigé, senti certes mais réfléchi. J’oserai dire assumé. On peut interpréter cette  dualité comme une contradiction et nous n’aurions pas tout à fait tort, ni tout à fait raison d’ailleurs puisque l’on pourrait également y voir deux réalités, deux forces, non contradictoires mais complémentaires, où l’artiste joue le rôle de modérateur des pôles d’exaltation.

Œuvre aux réalités diverses, celle de Francine Simonin n’en demeure pas moins physique, corporelle. Dans les faits ce n’est pas tant le geste calligraphique que l’artiste exprime, mais plutôt celui du corps. Elle me fait davantage penser à une sorte d’Isodora Duncan qui aurait troqué l’écharpe pour le pinceau et qui, inexorablement, garderait ce respect intense des ondulations du geste.

par  Robert Bernier 

du mercredi au dimanche de 14h30 à18h00
rue de l'Etang 4, CH-2013 Colombier
tél:+41 032 842 42 59
direction Neuchâtel, sortie autoroute : Auvernier-Colombier de Neuchâtel, bus 7-9, arrêt Pl. Pury; tram 5, arrêt Colombier

numaga@bluewin.ch
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