![]() Exposition ALISKA LAHUSEN « Les Impermanences » 17.04.2010 - 23.05.2010 / Galerie Numaga mercredi à dimanche 14h30 à 18h30 L’exposition d’Aliska Lahusen “Les Impermanences “, présentée actuellement à la galerie Numaga, s’inscrit dans la continuité de celle que le musée Manggha d’arts et techniques japonais de Cracovie consacrait l’an passé à l’œuvre récente de cette artiste. L’impermanence, une notion de base de la pensée orientale, demeure peu ou mal comprise en Occident. Ce terme recouvre pourtant un concept ancien et grave : celui que la permanente instabilité des choses est la seule certitude de la réalité du monde. L’image qui faciliterait l’entendement de cette idée pourrait être celle du reflet. Qu’il soit celui dansant sur l’eau ou directement renvoyé en vibrations sur notre rétine, il est la sensation fugitive et changeante par laquelle nous concevons la réalité visuelle. Le reflet comme image de l’impermanence organise et donne sens à l’exposition d’Aliska Lahusen qui peut être vue comme une suite d’évocations de la perception des instants transitoires qui forment l’existence. Son expression par différents supports (peinture sur plomb, laques, porcelaines, sculptures,...) justifie le pluriel du titre comme autant de tentatives d’appréhender le réel.Qu’ils soient bi ou tridimensionnels, de petits, moyens ou grands formats, les travaux d’Aliska Lahusen appartiennent au territoire restreint des oeuvres abstraites, voire minimalistes dont le pouvoir suggestif touche au profond de l’être. S’il y avait un apparentement artistique à risquer, il serait, peut-être, avec certaines écoles de peinture tantrique car il s’agit bien ici d’une invitation à une contemplation de formes, couleurs et textures longuement réfléchies et travaillées qui captivent et embarquent plus loin le spectateur. On assiste là, en quelque sorte, au retour sur un des fondamentaux de l’art : provoquer une émotion qui porte à un nouvel état de conscience. Ainsi dans le tableau “Barque-Lithre“, c’est bien l’image archétypale d’une barque qui est là évoquée, à la fois présente mais déjà, aussi, ailleurs. Et le large trait noir qui barre le bas de l’oeuvre -une lithre- suggère un flux alors qu’il marque en fait la finitude. Dans les tableaux “Puits-Lithre“, la margelle, semblable à un oeil qui nous scrute, réclame notre regard mais au fond du puits ne trouve-t-on pas que notre reflet. Le “Paysage“, également, à la fois est et n’est pas : il est un lointain qui sans cesse fuit et nous entraîne. Les sculptures “Tambours-Miroirs“ participent de la même idée : le tambour, parmi tous les instruments, est celui qui le plus agit sur la psyché, capable de provoquer autant l’exaltation que la terreur. Il est un éveilleur de l’esprit mais ici ces “tambours“ nous sollicitent non par le son mais par des couleurs d’une étonnante profondeur dans la contemplation desquelles nous retrouvons, effarés, notre image troublée. Ainsi, de tableaux en sculptures, de fins dessins sur étain en minimales surfaces de laques, le spectateur aura-t-il au long de son parcours vécu des émotions qui l’auront transporté plus proche de soi. NUMAGA, 4 rue de l’Etang, 2013 Colombier/NE www.numaga.ch
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