Colombier, vue du lac et des alpes
 
 
 
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"Vues sur paysages" tableaux récents de Maya Andersson
06.03.2010 - 11.04.2010 / Galerie Numaga
mercredi à dimanche 14h30 à 18h30

SIMONETTA MARTINI

Après de nombreux voyages et longs séjours à l’étranger, en Amérique latine (San Salvador) en Afrique, à Madagascar, en Inde, à l’Institut suisse à Rome, à Jérusalem, au Péloponèse. Simonetta Martini vit et travaille maintenant au Tessin.

"L’art n’est pas fait pour découvrir mais pour reconnaître. C’est par la reconnaissance que naît l’émotion." (Boltanski) 

Simonetta est un peintre de la lenteur, des maturations secrètes et profondes.

Avec une technique ancestrale, la tempera: mélange de pigments (poudre minéralogique pure) et d’oeuf, un savoir pictural hérité des fresquistes primitifs italiens (Giotto, Piero della Francesca) elle obtient une matière mate, une qualité de la couleur par une lumière sous-jacente. Par ses compositions épurées, ses grands formats sur toile souple dénuées de chassis,la densité de ses couleurs, les peintures produisent une atmosphère particulière qui résonne longtemps.

Sa grande culture des civilisations traditionnelles a permis à l’artiste d’approcher différentes facettes du symbolisme et de la mythologie. Parfois elle les reconnaît dans une action quotidienne. Ainsi dans “Moto perpetuo” où deux personnes tiennent un rouleau dans un mouvement de balancier et où chacune tente de le ramener à soi, on pense à l’idée générale

“... que dans le monde, toute chose est siège d’une lutte entre deux forces antagonistes, et même n’existe que par cette lutte. Les Chinois  appellent ces forces opposées le yang et le ying, les Coréens li et ki; pour les Hindous ce sont les dieux et les démons; chez les Juifs, les Musulmans et les Parsis, le principe du Bien (Jéhova, Allah, Ahura, Mazda) et le principe du Mal (Satan, Iblis, Ahriman); chez les Bouddhistes l’Illusion et la Vérité....”(Jean Herbert)

Le langage plastique singulier de Simonetta Martini participe aussi des réflexions de notre temps.  Intitulées “Deriva”, une barque est surchargée au milieu de la mer, “Racconti di viaggio”  trois femmes aux foulard sont assises à même le sol à côté de leur bagages, “Vento del Sahara” les ombres d’hommes tirant à la même corde pour sortir une embarcation hors de l’eau. On pense à la frontière, à la migration.

L’artiste manifeste aussi sa redécouverte de la nature, ainsi “Verso casa” une femme est  accompagnée de ses trois oies, sur un chemin de campagne, les formes simplifiées sont cloisonnées, les teintes en aplat vertes et roses confèrent une athmosphère de quiétude, “Nel bosco incantato” l’ombre d’un ancien tenant la main d’un enfant, dans une ambiance crépusculaire, avance vers une béance bleu céleste, ouverture vers l’avenir.  Nous suivons les méandres d’un fleuve à travers une forêt tropicale dans  “Il setaccio”,“j’ai placé le personnage en dernier pour donner une échelle. Avant le personnage occupait une place centrale dans mes peintures, aujourd’hui la nature est devenue essentielle”

 Finisterre... un mot qui signifie l’extrémité du monde. On ne voit au loin que du ciel et de l’eau, et ils disent que la mer est si tempétueuse que personne n’a pu y naviguer, c’est pourquoi on ne sait pas ce qu’il y a au-delà. Ils nous dirent que quelques-uns, curieux de le savoir, ont disparu avec leurs vaisseaux et personne n’est jamais revenu. “ El Edrisi, géographe musulman du XIIe. (cité dans “Train de nuit pour Lisbonne”, P. Mercier) la tonalité  bleu émeraude qui domine la composition  ajoute à l’attirance et à la peur de l’infini.

“ Je tente par la peinture de redonner une dignité aux images. A travers la peinture je peux transformer en miroir un fait ordinaire, lui conférer un mystère ”.

Simonetta Martini expose à Zurich, Bâle, Colombier/Ne, St Gall, en Grande-Bretagne et au Tessin. Elle a obtenu trois fois la bourse fédérale des Beaux-Arts. Ses oeuvres se trouvent dans les collections privées et publiques: de la Commission fédérale des Beaux-Arts, au Musée cantonal d’art à Lugano, au Musée des Beaux-Arts de Lausanne, au Musée d’art de Mendrisio et au Fonds Cotti à Lugano.

 

Des écrivains tel Sylviane Dupuis et Erri de Luca ont écrit sur l’oeuvre de l’artiste.NUMAGA, 4 rue de l’Etang, 2013 Colombier/NE
Tél +41(0)32 842 42 59 numaga@bluewin.ch

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